Vous avez sans doute remarqué ce chiffre qui glace le sang : 79 utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPm) ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine en 2025. C’est un bond brutal de 34 décès supplémentaires par rapport à l’année précédente. Face à cette hécatombe qui s’affiche en une des journaux, vous hésitez peut-être à lâcher votre guidon pour une plateforme électrique. Pourtant, derrière l’émotion, que disent réellement les chiffres ? Déterminer si le vélo ou la trottinette est le plus dangereux demande d’écarter les préjugés pour analyser froidement la réalité des chocs et des statistiques hospitalières.
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L’essentiel en 30 secondes
Le vélo enregistre un volume de décès plus important, mais la mortalité en trottinette progresse à une vitesse alarmante.
La trottinette électrique expose les usagers à une proportion plus élevée de traumatismes crâniens sévères que le cyclisme.
Une collision avec un véhicule motorisé multiplie par 1,9 le risque de blessure grave pour un utilisateur de trottinette.
Comparaison directe des dangers : statistiques d’accidents et facteurs de risque
Le débat ne peut se satisfaire d’impressions subjectives. En 2025, la hausse des blessés graves est sans appel : +1000 victimes en EDPm depuis 2019, contre +500 pour les cyclistes sur la même période. Si le vélo tue davantage en volume absolu, notamment chez les plus de 65 ans, la dynamique de l’insécurité routière bascule nettement du côté des nouveaux engins électriques. Le risque mortel en trottinette est majoritairement urbain avec 59 tués en agglomération, mais un quart des décès surviennent sur des routes hors agglomération où leur circulation est pourtant interdite.
| Indicateur de risque (Données 2025/2026) | Trottinette Électrique (EDPm) | Vélo / Cyclisme |
|---|---|---|
| Évolution des blessés graves (vs 2019) | + 1000 blessés | + 500 blessés |
| Mortalité annuelle (France 2025) | 79 tués (+34 vs 2024) | Volume plus élevé (stable) |
| Profil type des victimes | Jeunes (18-44 ans à 57 %) | Seniors (50 % ont 65+ ans) |
| Facteur aggravant principal | Collision véhicule motorisé (x1,9) | Chute seule (62 % des cas) |

Types de blessures : Analyse comparative des lésions
Lorsque l’accident survient, la morphologie de l’engin dicte la nature des blessures. La trottinette électrique n’apparaît pas moins dangereuse que le vélo en milieu hospitalier. Au contraire, les données de TraumaBase France révèlent une spécificité inquiétante : 25,9 % des blessés graves en trottinette souffrent d’un traumatisme crânien sévère, contre 22,1 % chez les cyclistes. Cette différence s’explique souvent par la position debout et l’empattement réduit de la trottinette, qui favorise les projections vers l’avant lors d’un freinage d’urgence ou d’un choc avec une bordure.
La mortalité hospitalière après admission en centre de traumatologie est quasi identique entre les deux modes : 9,2 % pour la trottinette contre 10 % pour le vélo. Le profil type de la victime en EDPm reste jeune, avec un âge moyen de 24,3 ans.
Le risque de blessure grave est également influencé par la géographie. Les données du Registre du Rhône montrent que circuler dans la couronne d’une grande ville (hors centre-ville dense) multiplie par 2,2 le risque de traumatisme sévère. L’exposition aux véhicules motorisés, en particulier lors d’un accident de trottinette contre une voiture, reste le danger numéro un, bien loin devant les chutes isolées souvent minimisées par les utilisateurs.
Visibilité, vitesse et encadrement légal : Ce qui différencie les deux pratiques
Si vous cherchez à savoir si le vélo ou la trottinette est plus dangereux, il faut regarder du côté des obligations légales. La loi encadre beaucoup plus strictement l’usage des EDPm, signe d’une dangerosité perçue comme spécifique par les autorités. Voici les points de divergence majeurs :
- Vitesse et bridage : La trottinette électrique est limitée par construction à 25 km/h. Débrider l’engin est non seulement illégal mais démultiplie l’énergie cinétique lors d’un impact.
- Interdiction des trottoirs : Sauf exception municipale rare (limitée à 6 km/h), la trottinette doit rester sur la chaussée ou les pistes cyclables.
- Assurance spécifique : Contrairement au vélo classique, l’assurance responsabilité civile est obligatoire pour circuler en trottinette électrique, y compris pour les engins en libre-service.
- Éclairage : Un décret de 2024 impose désormais des dispositifs de visibilité renforcés pour les deux catégories, incluant des feux de position et des catadioptres.
Le casque n’est pas obligatoire en ville pour la trottinette, mais il le devient impérativement hors agglomération sur les routes autorisées (vitesse ≤ 80 km/h). Ne pas le porter dans ces zones est une faute grave lourdement sanctionnée.
En conclusion, la réponse à la question de savoir si le vélo ou la trottinette est plus dangereux n’est pas binaire. Si le vélo domine toujours les statistiques de mortalité globale en raison de son volume d’utilisateurs massif et de la fragilité des seniors cyclistes, la trottinette électrique présente une dangerosité individuelle préoccupante. Elle expose à des traumatismes crâniens plus fréquents et subit une explosion de l’accidentalité grave. La trottinette n’est pas un jouet, mais un véhicule dont la stabilité précaire et l’insertion dans le trafic motorisé exigent une vigilance absolue.

